• Frédéric Paris

Féminologie #2: Le cas Hayley Williams

Mis à jour : févr. 19

La dualité de la photogénie féminologique se confirme en regardant des photos d'Hayley Williams d'une part, et des vidéos d'Hayley Williams d'autre part. En diapo-solo, mon analyse se résume au scan méthodique de l'image condamnée à être imparfaite. Il y a toujours des défauts, que ce soit dans les traits, dans l'angle du vue, le post-traitement de l'image, le maquillage, la coupe de cheveux, la teinture, la peau, la posture, l'intuition de santé, le regard, l'aura marketing et cetera. Précisons bien sûr que le "etc." est ici majeur.


En multi-diapo déferlante toutefois, mon corps tombe littéralement amoureux de la forme humaine présente à l'écran, un amour vrai, désencombré de tout soupçon esthético-arbitraire vis-à-vis de mes égos-éros.


En naît cette passion qui nous donne envie de se piquer un sprint intraveino-gumpien en guise d’échappatoire au ॐ horrifique de la transcendance de sa mère pas niquée des vers la pute qui tue de ses rêves yo j'en ai rien à fuck CÂL—!


WÔÔWWW STOP!! Du calme, du calme tu es shao de ouf mon mec! Respire un bon coup et dis-moi simplement ce que tu ressens en te revitalisant de cette petite serviette d'eau fraîche...

...

...

Ces yeux.

Ses yeux.

Ces yeux gris:

Impératif paralytique du boxon spirituel inhibant les glandes lacrymales,

Des perles scandaleuses glissant sur un visage obnubilé,

Une pensée possédée à l'idée de ne pas pouvoir lui parler dans l'immédiat.

À l'idée de ne pas pouvoir tracer les trajectoires d'un croisement de regard dans l'immédiat.

À l'idée de ne pas pouvoir savoir si c'est une personne diminuée de bêtises dans l'immédiat.

À l'idée de ne pas pouvoir lui faire connaître l'existence de mon sourire dans l'immédiat.

De ne pas pouvoir la faire sourire dans l'immédiat.

De lui faire savoir que peut-être je suis l'homme qui la rendra heureuse dans son monde immédiat.

De l'observer qui cuisine tranquille en tenu de maison, regardant parfois par la fenêtre,

Laissant du coup la lumière du soir contracter ses pupilles,

Embrasant insondablement le gris de l'impératif paralytique dans toute son immédiateté.


Une déchirure est perceptible en moi,

Un frisson qui me parcourt vivement le dos pour se vivifier au niveau du lieu de scalpe,

Un lieu qui s'épicentre en explosion glacée.


(...)


On vit pour des frissons comme ceux-là.


Qui est donc cette fille derrière ce mouvement mis en scène qui me rend si excité d'exister?

Quelle est cette vie qui me donne le goût de ne pas mourir,

Ni même de durer avant d'avoir illuminé son œil du bonheur le plus sot a posteriori?


Et surtout, surtout

Pourquoi ce sentiment si fort vis-à-vis du mouvement d'une forme si particulière et pas des autres?


Pourquoi est-ce que les quelques millimètres et les quelques fluctuations pigmentaires qui font la différence quantitative entre le corps d'Hayley William et le corps de Allison Brie font une si grande différence au niveau de l'affect, et ce qualitativement parlant?


Peut-être ne suis-je qu'un fou qui essaie de connaître une femme par l'unique prisme de ses gestes orchestrés, car je sais au fond de moi que j'aurais du mal à la respecter pour ce qu'elle est réellement, ou du moins ce qu'elle projette d'elle dans des contenus passablement orchestrés (entrevue, spectacle, valeurs promulguées, etc)...

Ah! cette passion qui nous donne envie de se piquer un sprint intraveino-gumpien en guise d’échappatoire au ॐ horrifique de la vie! Alors, la petite viettesère d'eau fraîche, elle vient ou pas?

Quelques semaines après avoir écrit cela:

L'absurdité de ce qui devient une obsession sage commence a peser lourd. L'envie de la manifestation tangible de la forme et de la complétude existentielle de l'image me rend triste et heureux à la fois...


Triste de constater l'illusion de l'inaccessibilité immédiate à cet être.

Heureux de constater l'éventualité d'une telle rencontre illusoire.


En effet, cette femme m'est faussement inaccessible de son statut d'étoile, mais rien au monde ne l'empêcherait de prendre un vol direct pour venir me voir aux Galeries de la Capitale!


Mais encore, si heureux de perpétuer son existence sous une forme idéalisée qui émerveille ma vie.

Mais encore, si triste de constater que cet existence n'est pas suffisante à l'assouvissement de ma volonté la plus imbue de feu.


Jamais le statut social de quelqu'un ne doit entraver ma possible relation avec un lui ou une elle. Peu importe leur célébrité, les humains restent des humains, et je ne vois pas pourquoi Hayley Williams ou Shania Twain me seraient inaccessibles. Seul hic: elles devront prendre l'avion à leur frais, parce que de mon côté, manque de thune...

1 semaine plus tard:

De la représentation que je me fais d'elle en écoutant l'audio d'Hard Times dans la cuisine naît un affect particulier qui me fait remarquer la malléabilité de l'esprit humain par rapport à sa lucidité émotionnelle...


"All that I want, is to end up fine...": tout de suite me viennent en tête de fortes images du vidéoclip, celles-ci portant en moi une connotation extrêmement grave vis-à-vis de ma personne conconctante d'un repas familial.


Ma stabilité mentale est hors de toute conceptualisation temporelle ou spatiale, comme si les référents auxquelles se reporte généralement la raison pour juger de l'état de son être avait été substitués par de la gravité pure, elle-même portée par cet objet flou qu'est la Hayley Williams que je connais. Si ça ne fait pas de sens, c'est bien normal: l'amour a d'autre chose à branler que le contenu qu'il vise.


Enfin, je veux dire par là que pour l'avoir déjà vécu, enfin c'est ce que j'écris, le sentiment de béatitude extraordinairement vide et plein du modèle de sagesse ordinaire fait référence directe au temps, qui se suspend aux yeux de l'acteur, et non de l'observateur que l'on incarne. Même chose pour l'espace, que l'on commence à vivre avec monachisme dans un tel instant de grâce.


La véritable question de cet article, c'est de savoir si oui ou non cet homme dirait oui à Williams.

Mais dans le cas de la gravité pure portée par cet objet flou qu'est la Hayley Williams que je ne connais pas, le pont spatiotemporel de la rationalité s'estompe pour donner naissance à une transe tranquille, d'où le fait d'une impression de bascule vers la folie. Pourtant, je me refuse à croire en cette éventualité étant donné la sensation de contrôle honnête accompagnant l'affect. Honnête puisque prouvé par mon non-débordement corporel et émotif. Que de la gravité pure, sans champs de mesure ou de référence. #Fuckphysics.


Mon instinct m'interdit toutefois de la percevoir comme étant concrète dans ces mirages vrais, comme si son personnage en vidéo délimitait la projection du possible, ce qui ne m'arrive jamais avec d'autres gens qui, à la manière de Tom Cruise, reste pour moi Tom Cruise alors que Tom Cruise se croit être Ethan Hunt.


Ah! Ce spectre de femme donne essence à des attributs.

Je ne la connais en effet que par des attributs, mais ce que j'aime d'elle est essentiel.


Un mois plus tard, en guise de conclusion: 

Plus j'y pense, plus il va de soi pour l'homme aux vies se voulant multiples d'affectionner l'hétérogène, de fragmenter son plaisir le plus possible afin d'élargir l'illusion d'une toile existentielle complexe, car plus il y a de failles sur la tuile, plus elle ressemble à un objet délicat. Il est important pour cet homme que chaque fragment soit en charge d'une couleur qui lui est propre dans le but de créer de la beauté agencée.


Bien sûr, le peintre que chaque morceau de multitude incarne va par ambition tenter de faire le plus de ravage possible avec sa teinte, de sorte que la tuile soit un ensemble d'hétérogène en compétition ridicule. L'amour pour les femmes est pour un homme comme moi l'objet le plus fragmenté de ma tuile, celui qui me coûte le plus cher en peinture et en main d'oeuvre. Ces connards d'égos d'artistes...

Kintsugi avancé.

Enfin, tout ça pour dire que ma ma féminologie prend plusieurs formes. Que ce soit celle de l'idéal, de la perversion ou de la vie quotidienne, elles ont toutes une place intégrale dans ma réalité morcelée, ce qui fait que je sens ce que je sens pour la représentation d'Hayley Williams avec une ardeur éminemment différente de celle que je sens pour ma conjointe, ou encore pour tout autre jolie fille de rues ou de pellicules. Le primordial, c'est de cultiver son jardin féminologique avec passion, une passion qui se doit d'être tributaire d'une volonté d'originalité. Dans mon cas, je me donne ce devoir de faire colorier les vides de la toiles existentielles par mes égorilles comme s'il s'agissait de fragments de tuile. Et évidemment, j'essaie de ne jamais oublier que ce qui compte le plus, ce sont les fissures qui homogénéisent le tout par liaison.


Et juste pour la frime, j'ai il y a quelques jours merveilleusement réussi un rêve dans lequel je vivais une relation amoureuse avec Hayley. Ce fût l'une des plus formidables fictions qu'il m'est été donnée de vivre, et mon inconscience en était l'instigateur, génie qu'il est plus que moi quand vient le temps de composer des couleurs nouvelles. 

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