• Frédéric Paris

Cruiseploitation #1: Mission Impossible Fallout

Mis à jour : févr. 19

Tom Cruise s'exploite la gueule.

Il se la fait charismatiquement exploser sa gueule.

On l'examine avec réflexion,

On l'exporte à tout acabit,

On l'exhibe en anthropo-trophée

On l'expie de ses sciento-péchés sa gueule.

Et c'est en bon citoyen que j'exprime présentement sa gueule.


Trouvez-moi un mot en "ex..." qui ne s'applique pas à cet homme et je vous donne un prix qui, bien qu'étant un déchet, aura au moins beaucoup de valeur, comme Tom 😉!


C'est qu'il a tout exploité de lui ce conquistador autophage, qu'il a su siphonner chaque petit dollar de chaque petit qualificatif possible pour en arriver à un petit 570 millions de boules pépouze sur sa pelouse de Clearwater.


Quelle angoisse ce doit être que de vivre en lui et de constater le pépère qui s'incorpore en nous au fil du temps, cellule par cellule, car oui, le mec vieilli et la mine se tarie. Les mots qui décrivent la légende perdent de leur lustre, tout comme le héro de cette dernière. Ne seraient-ce pas là des symptômes de la cruiseploitation? Ou pire, de la cruisecolonisation sur cruise control?



Un tel Tom sur le Cruise est forcément en roue libre...

... et qui dit Tom Cruise en roue libre dit forcément orgie de tentacules existentialo-coloniales.


Au cour de cette série d'articles, vous hasarderez mon voyage en cet État de conscience si particulier qu'est le "Tom Cruise Effect" (TCE, prononcé le "tsé"). Nous sommes en présence d'un périple de type "rise and fall", et c'est paradoxalement qu'il débute son ascension en moi, autochtone psychique, avec Mission Impossible: Fallout, mon premier contact culturel avec celui qui sera peut-être un jour mon glorieux empereur aux pseudopodes avides de chair consciente.


En juillet 2018 donc, une curiosité me pique sans d'art/dard pour me piquer la curiosité; les gars de Super Ciné Battle me susurre à l'oreille que le prochain Mission Impossible sera un énorme bout de carton triple cannelures. Ils me promettent la cocotte quoi. On insiste tout feu tout flamme sur la moustache d'Henry Caville, celle qui excite les cocos et les cocottes de par la potentialité matérielle d'un contact entre la capillarité supra-orbiculaire de l'acteur et les zones érogènes des dits coco-cocottes. Mais bon, fermons l'ouverture de la parenthèse titillée.

Tsé, moi je dis ça, mais ça veut pas dire grand chose là, mais des fois, gai ou pas, tu y vas...

Les keums de Super Ciné Battle insistent aussi accessoirement sur l'obsession de Tom Cruise à faire ses propres cascades malgré ses 55 balais de génie concierge. Et là me reviennent à l'esprit toutes ces bribes d'infos par rapport au suspect, qui on le rappelle fait face à une accusation de colonisation existentiel par voie de charisme non-consenti. En effet, ses interviews de sofa zizaniques, son prosélytisme de mâle pieux sans tige, ses projets conjugaux foireux jusqu'au fourrage et sa mégalomanie de grand crue trop cuit sont balayés par le dit génie concierge aux maintes vadrouilles.


Le TCE reste immaculé, comme par magie.


C'est à ce moment précis que je me suis questionné à savoir si M. Cruise était un être hors de l'ordinaire, car j'ai peine à imaginer, et ce en tant qu'autochtone psychique, comment un tel empereur pourrait garder son faste intact suite a tant d'outrages sans que celui-ci ne soit effectivement dissemblable de nous.


On voit déjà là l'un des enjeux racial de la cruiseploitation; est-ce que Tom est de la même race que nous? Et s'il ne l'est pas, sa race est-elle supérieure à la nôtre? Je vous laisse répondre à la question, mais d'abord, une petite pause vidéo s'impose. N'oubliez pas les biscottes.



Revenons à nos moutons aborigènes... De là, je suis très excité de voir le film parce que j'ai envie de consommer un éventuel homme extraordinaire servi sur l'écran, tout simplement TCE? Le besoin d'enquêter se fait aussi sentir TCE.


Le 30 juillet 2017, le Sherlock en moi est donc est dans la salle #2 du Cineplex de Ste-Foy à 22:20. Il y va incognito, compromis par la hâte de mater du Tom alors qu'il avait promis d'y aller avec sa sœur plus tard dans la semaine... Mais le besoin du TCE est trop fort. De plus, en venant de nul part et en ne se fondant sur rien de tangible en moi, ce besoin a de quoi séduire. Ça sent la tentacule...









À première vue, le film est dégueulasse.







Je n'avais rien à dire à son sujet, si ce n'est qu'il faisait la promo du recyclage de vieilles croûtasses d'idées critiques de cul: le film n'est ni créateur, ni générateur d'idées. WOW, quelle intelligence analytique! C'est comme si le film m'avait fait croire que j'étais abruti, mais pas dans le bon sens. Je venais de voir un film. C'était bien. C'était tout.


Au delà de ça, je suis à ce moment-là atterré de ne pas avoir saisi le Cruise-culte.On m'avait vendu le rêve, mais sur le terrain, c'est la déception totale...


En sortant de la salle, je me suis demandé si je ne venais pas tout simplement de rayer de la carte psycoloniale l'une des plus sublimes tentacules du monstre.


Aurais-je en moi cette puissance innée?

Serais-je celui issu d'une race supérieure à celle de Cruise?


Les réjouissances ne firent pas long feu, car comme vous le savez, c'est par une exposition prolongée aux humes et coutumes étrangers que la culture dominante s'imprègne dans le système nerveux, et quelle fût ma surprise au moment de piquer le sprint en sortant du cinoche, l'air du thème de MI bruyamment en tête. Jamais retourner à ma voiture n'aura été aussi excitant.


Ça ressemblait un peu ça:


Quelques jours plus tard, je retournais voir le film avec ma soeur qui ne sait rien de mes premières péripétie. La même magie, celle que j'avais démystifiée m'attire. Je veux comprendre, vivre le TCE, ce truc qui n'existe pas à posteriori!


Un autre combat en l'honneur du swag existentiel se pointe à l'horizon. Je veux et je vais défendre ma peuplade d'autochtones psychiques. Leur culture. Leur fierté. Leur connerie.







À deuxième vue, le film est dégueulasse.







L'indifférence est marquante, je n'ai même pas eu l'impression de regarder un film... En faite je n'en retire que ce sentiment particulier d'être le spectateur d'acteurs étant filmés à faire leur travail avec joie.


La marge entre la réalité (celle des acteurs sur le plateau) et la fiction (celle des personnages dans le monde) est mince, surtout lorsque Tom et non Ethan est dans le cadre. Peut-être que son charisme crève tellement l'écran qu'une mise en scène ne peut le cacher? Une arme indissimulable, intéressant...


Le champs de bataille est silencieux suite à l'escarmouche, et c'est le cœur au ventre que je crie victoire à mon peuple.


Pourtant, j'avais toujours envie de croire en le génie concierge, qui peu à peu s’immisçait en moi tel l'empereur existentiel aux tentacules érectiles qu'il est.


Cette arme indissimulable, elle venait de me flouer, de m'engloutir.








Et à troisième vu, c'est le début d'une obsession.









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