• Frédéric Paris

Capitalisme mélomanique

Ce que je vous révélerai aujourd'hui est l'une pire entourloupe existentielle de l'Histoire, et autant vous dire que pour des cas de cet acabit, ça ne rigole que dans sa barbe au tribunal du swag. C'est au sein de cette hilarité moustachue qu'en moi le doute s'est dissipé; citoyens et citoyennes, c'est désormais en marge des portes closes qu'un recours collectif est impératif, et c'est au nom de cette noble cause que se grave aujourd'hui ce plaidoyer.



Je JURE sur la tête de ma mère (qui je l'espère ne se sapera jamais de la sorte (putain de sa mère, l'image mentale.) que qualitativement parlant, ceci est le meilleur résultat pour "sexy judge" sur Google. La vie peut parfois nous décevoir aux moments les plus critiques...

Comme vous le savez tous, la majorité des humains pratiquent l'hypocrisie inassumée. Ils se rebellent contre le capitalisme tout en mettant la pierre à l'édifice tous les jours par touches de pouces bleus plus ou moins activistes. C'est avec respect pour votre génie que je vous épargne l'argumentaire: vous saisissez de quoi je cause.


Mais si en lisant ceci naît en vous un certain écho témoignant de votre compréhension profonde de la chose, demandez-vous quelle en est la source, car les abysses de notre conscience autophonique sont généralement fidèles à eux-mêmes, et ce au mépris du reste de notre advertance: elles sont vides.


Pour faire simple, ne soyez pas dupes; théoriquement, vous n'êtes pas moins cons que les autres cons de mon espèce.


Gainsbourg a dit "La connerie, c'est la décontraction de l'intelligence. Alors, parfois, je me permets d'être con sciemment." La connerie permanente serait donc une affaire de hippies velus se la coulant douce...

Des hippies à tignasse, comme celui-là, qui n'hésite jamais à miser sur la détente.

Mais bon, je m'égare presque, revenons à l'essentiel: ce que je voulais vous dire aujourd'hui, c'est que généralement, les gens en veulent toujours plus.


+ de plus ou + de moins... Exemples:






Ces formules nous rappellent un règle mathématique bien simple: un positif divisé d'un négatif aura toujours un quotient négatif. Autrement dit, un résultat bien à gauche de la droite graduée. Aucun lien politique n'est à faire ici, évidemment.


Mais une chose échappe bel et bien à cette quête du +² ou -² : la recherche fondamentale dans le domaine de la cultivation aventurière. L'aventure intérieure, la vraie. Celle dont on ne veut pas. Celle qui fait mal tout en rendant gai. Celle que les sages les plus scandaleux nomment affectueusement "la culture du viol de soi".


Allez-y, violez-vous si vous n'en avez pas le désir, ça vaut le coût:


Je m'explique pour ce qui est de ce problème d'anti-capitalisme culturel, et pour une fois je ne passerai pas par l'alambique: beaucoup de gens en veulent toujours plus excepté lorsque l'on parle de culture.


C'est par la musique que s'observe le plus affreux des constats: depuis des siècles, l'humain se contente parfaitement de ce qu'il a dans sa bibliothèque Spotify, et c'est ainsi que le puceau fan de Led Zepplin déviergera toute sa putain de vie vers le Stairway to Heaven. (J'aurais pu retourner la vanne sur elle-même et utilisé le Requiem de Mozart, mais bon, il n'est pas toujours nécessaire de caramboler la vie.)


Qu'elle soit prononcé à 12 ans, 29 ans, 51 ans ou 94 ans, la déclaration sera le même:



Le putain de rock mon gars... Ce rock qui vient du blues, qui donne sur le R&B, qui donne sur le funk, qui donne sur le rap, qui donne sur Taylor Swift. De la belle musique en 4/4 jouée sur un tempo stable orné de gammes et d'harmonies fermées. Moi j'aime bien, sincèrement.


Mais la différence, c'est que fondamentalement, je suis un capitaliste pratiquant, car oui, je n'ai pas abandonné mes racines moi, je suis un vrai qui va jusqu'au bout, et c'est en cela que je ne vis que pour une chose: le toujours plus. Et j'en veux toujours plus de la musique.


Mes attentes sont énormes, car plus j'en écoute, plus j'en veux de la meilleure et plus je jette à la poubelle celle que j'ai déjà utilisée, plus j'envoie vers la décharge celle qui est encore bonne, mais qui n'est plus à la fine pointe. Et pas question de recycler, ahahah, pour qui me prenez-vous? La vadrouille de Mère Nature? Non non, ce n'est pas moi qui va éponger les exsudations orgiaques de cette courtisane fétichiste du bonnet d'âne!


Et comme par surprise, cette recherche perpétuelle du toujours plus semblent inéxorablement mener à une déception profonde, en particulier lorsque vient le jour où, en googlant "weirdest music in history", on tombe sur une page en laquelle l'écoute se déroule sans surprise, aucune.


Et c'est à ce moment-là que commence la libération... En s'abandonnant dans la jungle du Capital, nouvel alcazar de cette Mère Nature à qui il fait bon vivre de faire l'Amour.


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