• Frédéric Paris

Ada Lovelace et Debbie Harry: divination castratrice pré-testiculation

Plusieurs domaines se sont fait greffer des baloches au fil du temps. Le* testiculation s'est révélé particulièrement majeur et vacciné de la pine dans le cas du rap (mais aussi du rape) et de l'informatique. Pourtant, ces 2 disciplines ont le point commun d'avoir été enfantées de cons avant d'être pris jalousement sous leurs ailes par des cons.


Commençons par le commencement. Il y a de cela quelques années, Dieu se façonna le bong à crack liturgique, se tira un sacré tonnage de boucane satonique avant d'avoir l'idée géniale d'un monde dans lequel se côtoieraient 6194 Walmart, des millions de vidéos d'ASMR, 433 648 viols par année aux USA seulement, 1 Donald et environ 156 milliards de sourires par jour.


Les événements subséquant à cette création divine m'ont mené à récemment découvrir un disco-turbo-tube du nom de Rapture. Quelle surprise ce fût de me prendre un rap en pleine figure de style à la première écoute!

En regardant la trame temporelle derrière tout ça, je me suis rendu compte de la précocité de la chose. Une femme qui rap sur une chanson iconique du début des années 80? Comme on le dit au Québec, "y'a d'quoi qui ding-dong'sti".


ATTENTION! ATTENTION! ATTENTION!

Pour la première fois de l'histoire de shaologie.com, le segment qui suit contient de l'information et pourrait, par le fait même, intéresser des gens. Je sais, c'est audacieux comme pari, mais comme on dit "les meilleurs caramboles sont toujours au bout de la branche la plus carambolante du caramboulier vital. Voilà, vous avez été prévenu...


Après quelques minutes de recherche, l'absurdité de l'exploit est mise à nu: en mars 1981, Rapture est le premier méga-carton de l'histoire à faire du rap le point pivot de sa substance. Et par méga-carton, je veux dire #1 au Billboard Hot 100, faisant ainsi de la chanson l'acte fondateur du hip-hop en tant que machine à mulaga.


Un an plus tôt, Sugar Hill Gang frappait fort avec Rappers' Delight qui atteint en janvier 1980 la 36e place du Panneau d'affichage Chaud 100. Malgré cet effort (l'effort de rapper pendant 14 minutes sur un plagiat de Good Times de CHIC) , la palme revient à Debbie Harry, qui à la toute fin de la session d'enregistrement de Rapture écrit en une poignée de minutes lyriquement moelleuse de la moelle ces bars mythiques qui seront collatéralement les premières à être diffusé sur MTV à une heure de grande écoute.

Il faudra attendre 9 ans pour voir une autre chanson rappante ramper au sommet du palmarès avec le Ice Ice Baby de Queen. Euh! de Vanilla Ice pardon. Un petit extrait des paroles pour le plaisir...


"Les gamines au coin de la rue me font des coucous

Est-ce que j'ai arrêté?

Non, j'suis juste passé devant leur face avec mon 5.0 L

Elles m'ont poursuivi jusqu'au prochain stop

J'ai pris la gauche pour me diriger vers le prochain bloc

Le bloc était mort

Yo, alors j'ai continué pour aller sur l'avenue Beachfront

Les meufs étaient chaudes, portaient moins que des bikinis."

Un petit extra juste pour l'amour des mots:


"Si mes rimes étaient de la drogue, j'en vendrais au gramme."

Un an plus tard, Mark Wahlberg... euh pardon, Marky Mark répète l'exploit en balançant tout ce qu'il a (et c'est littéralement tout ce qu'il aura à balancer dans sa GRANDE carrière de MC) dans Good Vibrations. Avec des strophes telles que


"I'm anti d-r-u-g-g-i-e

My Body is healthy

And rhymes makes me wealthy

And the Funky Bunch helps me

To bring you a show with no intoxication"


Avec tout ça, il n'y a aucun doute qu'en plein âge d'or du hip-hop, nous sommes en présence de la crème de la crème de la tarte à la crème.

Avec les années, seule une poignée d'autres femmes ont réussi à faire de même sans n'être que des featurettes, comme Lauryn Hill en 1998 avec Doo Wop, ou plus récemment Cardi B en 2017 avec Bodak Yellow.


Et ce n'est pas le sujet du jour, mais je ne peux m'empêcher de remarquer que les 3 instigateurs commerciaux du hip-hop étaient blancs, ce qui est évidemment et manifestement et ostentatoirement ridicule. Mais bon, à chaque combat son octogone j'ai envie de dire. Et aujourd'hui on se tape des meufs, pas des renois. Ça viendra peut-être un jour...


Les 3 premiers artisans de l'hégémonie du rap à venir, tous des blancos à l'identité sexuelle pour le moins unique.

Avant d'aller plus loin, jetons-nous à moitié cravaté dans l'aparté qui m'inspira ce papier. En découvrant qu'une femme avait été la figure d'avant-garde de la démocratisation du hip-hop, j'ai voulu découvrir quelles autres femelles homo sapiens avaient été les premières à bidouiller des trucs qui ont changé le monde.


Et la pure féministe en moi a été dégoûtée. Ce que j'ai dégoté ne s'est révélé être qu'un dégueulis sans ambition de tops à la conne avec des titres tout aussi frauduleux les uns que les autres, des torchons comme "46 Powerful Women Who Were First", ou "11 Women Who Did Groundbreaking Things That Men Got The Credit For".


Dans le premier article, à peu près toutes les entrées commencent par "Madame XXX: première femme à XXX". Dans le second, toutes sont soit des contributions post-mysogino-masquées, soit des "trucs à briser le sol" dont le OSEF-o-mètre se situe aux alentours de... OSEF. Des trucs comme l'invention de la machine à sac de papier. Bref, aucun article sérieux sur ces femmes qui, comme Debbie Harry, ont été les véritables premières dans leur domaine.


La femme en moi se foutait bien d'être la première femme astronaute (tu swagues quand même Valentina)! La femme en moi voulait avoir été le premier homme à missionner des femelettes au casse-pipe voyez-vous? Ça c'est un exploit!


Sans l'ombre d'un doute, l'exploit sociétal de Valentina et des autres est extraordinaire compte tenu du contexte, mais l'exploit purement humain derrière la mise en scène est ma foi fallot.


Quelques semaines après ces recherches, je lisais un livre sur l'histoire des mathématiques quand je suis tombé sur la phrase suivante: "[Ada Lovelace] va décrire un code complexe permettant de calculer la suite de Bernoulli [...] Ce code est généralement considéré comme le tout premier programme informatique et fait d'Ada Lovelave la première programmeuse de l'histoire."


Ada "Amour-Dentelle" Lovelace. Sur un échelle de "1" à "swingable", je dirais "quand même swingable". Mais prenez garde! Cette nana est bien plus qu'un objet quand même swingable! Elle est aussi un objet qui peut repasser des chemises.

Une femme comme première programmeuse de l'histoire au au milieu du 19e siècle? Comme on le dit au Québec, "dude, stu moé qyé guerlot où j'entends des grelots?".


Ada Lovelace était, faut-il l'avouer une comtesse quand même assez chix en son genre. Derrière l'apparat mandatoire de sa noblesse se cachait en fait une véritable dure à cuire, quelque part à la croisée des chemins entre Marky Mark (le rappeur anti-came préféré des bonnes femmes) et Mark Wahlberg (ex-facho tabasseur de jaunes et autres nègres miraculeusement phénixé en acteur pro-maïs à gogo).


Abandonnée dès son plus jeune âge par daron Byron, cette future garce analytique est élevée par sa mère, qui bien vite tentera de brûler la fleur par les racines...


Toute sa vie, Lovelace fût en effet possédé par l'aura romantiquement libertin de ce père qu'elle n'a connu que des ouï-dires les plus sulfureux. Sa clac-baloches de matrone a tout fait pour la détourner du destin vaillamment débauché que lui a légué son paternel, d'où l'acharnement de cette première quand vint le temps d'initier sa fille aux mathématiques les plus frigides.


D'une flexibilité existentielle hors du commun, elle allia d'un certain génie le vouloir de ses deux viocs en poursuivant sans relâche ce qu'elle appela la "science poétique".


Vers la fin de sa vingtaine, elle travailla d'arrache-pied sur une soi-disante "machine analytique", engin à peu de chose près imaginaire qui fût probablement l'idée concrète titillant le plus celle de l'ordinateur moderne dans les années 1840. C'est pour cet machine qui n'existe même pas encore qu'Ada écrit ce qui est largement considéré comme le premier code informatique de l'histoire.


Contrairement à l'homme derrière ingénierie de l'engin, Ada ne voit pas le giga-bidule comme une simple machine à calculer. Elle a l'idée révolutionnaire de voir dans les nombres générés par le proto-ordinateur des valeurs pouvant s'exsuder des mathématiques pures. Autrement dit, des variables. Par exemple, en codant le bon algorithme, elle imagine possible de laisser la machine "créer" une composition musicale inédite.


Photo de mon PC gamer, qui est en fait une reproduction de la machine analytique de Babbage. Il peut presque faire tourner Démineur en ultra à 30 fps.

Au gré de tout cela, la comtesse vit en pirate. Accroc aux jeux de hasard, elle essaiera de développer des calculs qui lui permettrait, à elle et sa bande de mâles omégas, des gains inéluctables. Malheureusement, elle se viande sans le moindre swag végan et perd une bonne partie de sa fortune.


En à côté, les amants s'enlacent et s'enchaînent d'une dentelle soigneusement tissé dont seul Lovelace a le secret. Le conseil du haut-caquetage aristocratique londonien s'en délecte d'indignation à chaque tribulation.


Ces ébats ponctués de tracas sont virgulés de nombreux problèmes de santé qui lui empêcheront d'adroitement tourner la page lorsque nécessaire. Elle meurt seule au milieu de sa trentaine, isolée par sa mouman.


Alors qu'elle est sur son lit de mort, on raconte qu'elle aurait demandé, entre deux saignées, à voir son mari en tout intimité. Personne ne sait réellement ce qui s'est passé à ce moment-là, mais une chose est sûre, c'est que suite au huis clos, monsieur n'est jamais revenu voir Ada.


Elle est finalement enterrée aux côtés de Lord Byron, cette légende qui telle une mer aura bercé toute l'existence de Lovelace.


De par le lointain des choses, cette mer nous aura aussi fait parvenir un message embouteillé dont le contenu, une fois oxygéné, révèlera une révolution de grand cru, le genre d'idée qui une fois mise entre les bonnes mains donneront des trucs comme #METOO, wikipédia ou encore Tinder; le premier code informatique.

Au final, on a 2 gonzesses qui en avaient tellement dans les valseuses que les coqs n'ont pas pu s'empêcher de mener le bal sans picosser, car comme vous le savez le rap et l'informatique deviendront tôt ou tard des milieux d'une misogynie sans vergogne.


S'il est vrai que le testiculation a été fait à la truelle phallique, nos 2 héroïnes ont eu le culot de castrer le monstre avant même qu'il ne naisse, et ça, c'est ce que moi j'appelle un swag existentiel jacké jusqu'au tits.


*Tant qu'à néologiser un bon coup, autant genrer avec la cohérence linguistique qui fait de nous des gens policés un tantinet polissons.

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